La Guinée avance dans la structuration de son marché carbone. Le ministère de l’Environnement et du Développement durable travaille à rendre opérationnelle une nouvelle Cellule Marché Carbone, chargée notamment d’encadrer, d’évaluer et de suivre les projets susceptibles de générer des crédits carbones.
La mise en place de ce dispositif a franchi une nouvelle étape fin septembre à Conakry, avec un atelier national consacré aux mécanismes de l’Article 6 de l’Accord de Paris et à la validation de la feuille de route de la Cellule Marché Carbone.
L’atelier, ouvert le 28 septembre par le secrétaire général du ministère, Dr Karim Samoura, a réuni des représentants de l’administration, des institutions nationales, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Une nouvelle autorité pour encadrer les projets carbones
Selon le ministère, la Cellule Marché Carbone de la République de Guinée constitue l’Autorité nationale désignée (AND). Elle doit encadrer et piloter les activités liées aux mécanismes carbone sur le territoire national.
Concrètement, elle devra notamment évaluer, approuver et suivre les projets d’atténuation susceptibles de générer des crédits carbones, aussi bien dans le cadre de l’Article 6 de l’Accord de Paris que sur le marché carbone volontaire.
Que signifie le marché carbone ?
Le principe est de donner une valeur économique à des réductions ou absorptions d’émissions de gaz à effet de serre.
Un projet qui permet, par exemple, de réduire les émissions ou de capter du carbone peut, sous certaines conditions et après vérification, générer des crédits carbones. Ceux-ci peuvent ensuite être échangés dans différents mécanismes de marché.
Pour la Guinée, l'enjeu est donc double : contribuer à ses objectifs climatiques tout en pouvant attirer des financements liés à la réduction des émissions et à la protection du capital naturel.
Une feuille de route jusqu’en 2030
La feuille de route actuellement élaborée prévoit une architecture institutionnelle, une procédure d’approbation des projets ainsi que des critères d’éligibilité.
Elle prévoit également un programme de renforcement des capacités sur trois ans et un plan d’action en trois phases. La première doit porter sur la structuration institutionnelle en 2026-2027, tandis que la consolidation du cadre juridique est envisagée à l’horizon 2030.
Cette démarche s’inscrit dans la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) de la Guinée, qui couvre la période 2026-2035 et prévoit le recours aux mécanismes de l’Article 6 de l’Accord de Paris.
La Guinée cherche à renforcer ses capacités

Le 30 septembre, le ministre de l’Environnement, Fassou Théa, a également reçu une délégation de l’Alliance ouest-africaine sur les marchés carbone et la finance climat.
L’organisation souhaite notamment accompagner la Guinée dans la structuration de ses mécanismes carbone et le renforcement des compétences nationales. Le ministère souligne que des dispositifs comparables sont déjà opérationnels dans des pays comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Pour la Guinée, la prochaine étape consiste donc à transformer cette nouvelle architecture institutionnelle en un dispositif réellement opérationnel, capable d’encadrer les projets carbone et de positionner le pays sur un marché climatique en développement.









Comments powered by CComment