Électricité : ce que les nouveaux financements ratifiés doivent changer en Guinée

Interconnexion Guinée-Mali, centrale solaire de 50 MW et nouveaux branchements : voici ce que les nouveaux financements doivent changer pour l'électricité en Guinée.

Le secteur de l’électricité bénéficie de nouveaux financements à travers la ratification de plusieurs accords par le président Mamadi Doumbouya. Parmi les principaux projets figurent l’interconnexion électrique Guinée-Mali et la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MW. Des investissements qui visent notamment à renforcer le réseau, améliorer l’accès à l’électricité et réduire les difficultés de desserte.

Le secteur énergétique guinéen franchit une nouvelle étape avec la ratification de plusieurs accords de financement et de coopération.

Le président Mamadi Doumbouya a promulgué, le 18 septembre 2026, la loi ordinaire L/2026/001/AN, portant ratification de quatre ordonnances. Parmi ces textes, trois concernent directement le secteur de l’énergie.

Plus de 187 millions d’euros pour un projet énergétique intégré

Le financement le plus important du volet électrique concerne une convention de crédit d’un montant de 187 120 667,92 euros.

Cette convention, conclue avec un consortium bancaire conduit par Deutsche Bank AG et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank, sous la couverture de Bpifrance Assurance Export, doit financer un projet intégré de production et de transport d’énergie électrique destiné à renforcer la desserte nationale.

Selon les informations disponibles, ce financement est notamment lié à la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MW à Kamissay.

L’enjeu est donc double : augmenter les capacités de production tout en renforçant les infrastructures nécessaires pour acheminer l’électricité vers les consommateurs.

L’interconnexion Guinée-Mali au cœur du dispositif

Autre volet important : le financement additionnel du Projet d’interconnexion électrique 225 kV Guinée-Mali (PIEGM).

Deux accords conclus avec le Fonds africain de développement ont été ratifiés dans ce cadre. Ils comprennent notamment un prêt additionnel de 16,25 millions d’unités de compte et un financement sous forme de don destiné au projet.

L'objectif de cette interconnexion est de permettre des échanges d'électricité entre la Guinée et le Mali et de renforcer la fiabilité du réseau électrique.

Le projet ne se limite toutefois pas à la construction d'une ligne entre les deux pays. Selon la Banque africaine de développement, son financement additionnel prévoit également 37 500 nouveaux branchements, ainsi que la réalisation de nouveaux départs moyenne tension destinés à faciliter l'électrification rurale.

Quelles zones guinéennes sont concernées ?

Le projet d'interconnexion traverse notamment l'est et le sud-est de la Guinée.

Les documents techniques du projet prévoient une ligne à 225 kV reliant Bamako à Fomi puis N'Zérékoré, avec plusieurs postes de transformation en Guinée, notamment à Siguiri, Fomi, Kankan, Kérouané, Beyla et N'Zérékoré.

Le projet prévoit également l'électrification de localités situées à proximité du corridor de la ligne. Les documents de la Banque africaine de développement indiquent que 121 localités guinéennes sont concernées par ce programme d'électrification, sur un total de 201 localités pour l'ensemble du projet Guinée-Mali.

Le financement additionnel actuellement documenté doit notamment permettre de poursuivre ces efforts, avec 37 500 bénéficiaires supplémentaires à travers des branchements et l'extension du réseau moyenne tension.

Un réseau appelé à devenir plus interconnecté

Au-delà de l'accès à l'électricité dans les localités concernées, l'interconnexion Guinée-Mali doit renforcer l'intégration du réseau électrique guinéen dans le système énergétique ouest-africain.

La Banque africaine de développement présente le projet comme une infrastructure destinée à renforcer les échanges d'énergie entre les deux pays et à améliorer l'accès à une électricité plus fiable et abordable.

Pour la Guinée, l'intérêt est également de disposer d'un réseau mieux connecté, capable de faciliter les échanges d'électricité et de soutenir l'extension de l'accès au courant dans les zones encore insuffisamment desservies.

Et pour les ménages ?

À court terme, ces financements ne signifient pas que les ménages guinéens bénéficieront automatiquement d'une alimentation électrique continue.

Les projets doivent d'abord être réalisés, les infrastructures mises en service et les branchements effectués. Leur impact dépendra donc de l'exécution effective des travaux et du renforcement de la capacité d'EDG à exploiter et entretenir les infrastructures.

Mais les objectifs annoncés sont clairement orientés vers l'amélioration de la desserte : production supplémentaire, transport renforcé, interconnexion régionale, extension du réseau et nouveaux branchements.

Une enveloppe énergétique à suivre dans les prochaines années

Avec la centrale solaire de 50 MW, l'interconnexion Guinée-Mali et les investissements liés au réseau, les nouveaux accords ratifiés placent une partie importante des ressources mobilisées sur le développement du secteur électrique.

Pour les populations, la question sera désormais de savoir quand ces infrastructures seront effectivement opérationnelles et dans quelles localités leurs effets seront perceptibles.

Le projet d'interconnexion Guinée-Mali dispose notamment d'une date d'achèvement prévue au 31 décembre 2028 pour son financement additionnel actuellement référencé par la Banque africaine de développement.

L'enjeu pour la Guinée sera donc désormais de transformer ces engagements financiers en infrastructures effectivement opérationnelles et en accès supplémentaire à l'électricité.

 

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