Masta Hams dénonce la place des clashs et rappelle l’essentiel à la nouvelle génération de rappeurs

Bougui Basta (Méthodik), Masta Hams (Alkebulan), C-MA (Mic Wo Rap) et Baara-K (Alkebulan)
Bougui Basta (Méthodik), Masta Hams (Alkebulan), C-MA (Mic Wo Rap) et Baara-K (Alkebulan), apres la conférence de presse de Guinée Old School

Présent à Conakry à l’occasion de Guinée Old School, le rendez-vous qui réunit les pionniers du hip-hop guinéen, Masta Hams, membre du groupe ALKEBULAN qu’il forme avec Baara-K, a adressé un message à la nouvelle génération de rappeurs. Pour lui, au-delà des rivalités et des clashs, le rap doit rester un moyen d’expression, de dénonciation et de sensibilisation.

L’artiste se souvient d’une époque où les groupes de rap avaient avant tout à cœur de raconter les réalités de leur société. La corruption, les difficultés du pays et les préoccupations des populations figuraient parmi les sujets qu’ils souhaitaient porter à travers leurs textes. Selon lui, cette volonté de transmettre des idées laissait peu de place aux affrontements entre artistes.

« On avait beaucoup de choses à dire. On voulait enseigner les gens, raconter ce qui n’allait pas dans notre pays, dénoncer la corruption », explique-t-il.

Masta Hams rappelle également que les relations entre les groupes de sa génération étaient souvent marquées par la solidarité et les collaborations musicales. À ses yeux, le hip-hop guinéen possède ses propres réalités et ne doit pas nécessairement reproduire les codes d’autres scènes, notamment celle des États-Unis, où les rivalités entre rappeurs occupent parfois une place importante.

« On a notre rap africain, on a notre rap guinéen », insiste-t-il, invitant les jeunes artistes à s’appuyer sur leur environnement et leur identité pour construire leurs discours.

Des textes au service de la jeunesse

Sans remettre en cause le développement de l’industrie musicale, Masta Hams estime que la recherche de visibilité et les confrontations entre artistes ne devraient pas faire oublier l’essentiel : le contenu des chansons et les messages adressés au public.

Il invite ainsi la nouvelle génération à davantage prendre en compte les réalités sociales, notamment les difficultés auxquelles les jeunes sont confrontés. Pour lui, la musique ne doit pas seulement être un espace de divertissement ou d’expression personnelle. Elle peut aussi contribuer à éveiller les consciences et à nourrir la réflexion collective.

L’artiste évoque, dans ce sens, l’histoire de la Guinée, indépendante depuis 1958, et la place qu’elle a occupée dans les luttes d’émancipation africaines. Il appelle les rappeurs à préserver cette identité à travers des textes porteurs de sens, capables de refléter les aspirations et les préoccupations de la société.

« On ne doit pas leur montrer cette image-là de la Guinée […] les textes doivent être quelque chose de riche », soutient-il, en référence à la responsabilité des artistes envers la jeunesse.

« La musique, c’est notre arme »

Pour Masta Hams, le combat des pionniers du hip-hop ne s’arrête pas à leur époque. Leur engagement doit se poursuivre à travers les nouvelles générations, appelées à faire de leur art un moyen de porter des messages utiles à la société.

« La musique, c’est notre arme, c’est notre micro, kalachnikov », lance-t-il, avant d’encourager les artistes à persévérer et à continuer de défendre des textes qui ont du sens.

À travers ce message, le membre d’ALKEBULAN remet au centre du débat la place du rap engagé dans la musique guinéenne. Un appel qui, à l’occasion de Guinée Old School, rappelle que l’héritage du hip-hop ne se mesure pas uniquement à ses rythmes ou à sa popularité, mais aussi aux idées qu’il transmet et aux réalités qu’il choisit de raconter.

Rendez-vous les 30 et 31 octobre respectivement à l’hotel Mariador Palace et au palais du peuple, pour (re)découvrir l’âge d’or du hip-hop guinéen.

 

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